S.l.n.d. (Paris ou Rouen, ca 1533).
Plaquette in-16, maroquin janséniste rouge, dos à 5 nerfs, dentelle intérieure dorée, tranches dorées (Chambolle-Duru).
Bechtel, 728/T-131 // Brunet, II-1708 // Quérard, Livres perdus, p. 48 // USTC, 79178.
(4f.) / A4 / 23 lignes, car. goth. / 90 × 128 mm.
Unique édition et l’un des deux ou trois exemplaires connus de cet éloge en vers des femmes de France.
Composé d’un sizain introductif que suivent quinze stances d’une dizaine de vers et un envoi final, ce curieux poème anonyme veut chanter le grant honneur es fêmes gallicaines et déplore le mal qu’on dit des femmes, sans distinction aucune :
Qui est celuy qui en pourroit mesdire
(…)
Esse raison pour ung tas de merdaille Femmes de bien soyent cy vituperees…
L’auteur vante ainsi les qualités et les vertus des femmes de France :
La france a bruict sur toutes aultres villes Que y a femmes les plus gays & abilles Qui furent onc & qui soyent sur la terre (…)
Pour avoir corps de femme si mignõne Cõme a lyon on ne trouve personne
Sur les femmes de paris tant soyêt gayes…
Il ne faut pas confondre cette amusante défense des femmes françaises avec Le Triomphe des Dames de Juan Rodriguez de La Camara, paru vers 1510, qui est un éloge des femmes en général, de diverses reines d’Espagne en particulier et de la Vierge Marie.
Cette unique édition est ornée d’un bois gravé sur le titre représentant un roi et une reine accompagnés de deux enfants dont l’un salue le roi. Le verso du premier feuillet porte également une lettrine xylographique historiée.
On ignore où et par qui l’ouvrage fut imprimé. Les bibliographes proposent Paris ou Rouen, cette dernière ville en raison du bois gravé sur le titre qui fut utilisé par l’éditeur rouennais Guillaume de La Motte vers 1540 pour son Museus ancien.
Cette plaquette est d’une insigne rareté. Outre cet exemplaire qui est le seul recensé par l’USTC, on ne connaît aujourd’hui que celui conservé à la BnF (RES-YE-4088). Dans ses Livres perdus, Quérard en mentionnait un exemplaire relié avec d’autres plaquettes gothiques dans un recueil vendu lors des ventes Lavallière de 1783 (II, n° 2896). Il semble aujourd’hui intraçable et peut-être est-ce le nôtre, relié séparément au XIXe siècle.
Très bel exemplaire malgré de minimes points de décoloration au second plat.
Provenance :
Comte Raoul de Lignerolles (II, 5-16 mars 1894, n° 1198) et Fairfax Murray (étiquette, n° 201).