Cartes du prisonnier sur les effets de l’éloignement familial.
15 avril. « Voici passé la deuxième fête de Pâques de ma captivité. Je ne veux pas vous dissimuler que j’en éprouve une immense et inexprimable tristesse. Mais cela n’a aucune importance générale, n’est-il pas vrai ? En tout cas, ces jours-ci plus et mieux que jamais mon cœur est avec les vôtres. »…
22 avril. « Une carte que je reçois de M. A. [Marie-Agnès, sa sœur] m’apprend que notre pauvre chère Marie-Lucie a succombé le 16 mars. J’en suis comme vous profondément ému. M.A. en est elle-même extrêmement attristée. Vous me demandez inlassablement de mes nouvelles. Une fois de plus, je vous répondrai qu’elles sont excellentes. Mais je voudrais être bien certain que vous-même, ma bien chère petite Maman et que Papa, allez bien malgré ce rude hiver et tous vos soucis. J’aurai bientôt besoin d’une paire de bottines pour remplacer mes bottines à élastiques qui sont bien usées, et d’une feuille de cuir pour les ressemelages éventuels »…
LNC, I, p. 328 et 329.
On joint une L. A. S. à son frère Pierre de Gaulle, 15 avril 1917 (sur Postkarte), dans laquelle il évoque ses profondes pensées pour les siens, l’encourage à réaliser ses désirs et évoque la mort de Marie-Lucie.