Stencil de lettre tapuscrite sur papier vergé, 1 page in-4, enveloppe à l’adresse de Gianni Bertini.
Fameuse lettre ouverte écrite quelques jours après l’ouverture de la Documenta 4. Les deux artistes s’étaient rencontrés pour la première fois en février de la même année à Anvers, lors de l’inauguration de l’exposition Eurasienstab.
Dieu, que c’était difficile de dire ami à un allemand quand on est né sur une autre terre. Beuys, tu es ami et Dutschke est ami. La belle Allemagne ressuscite [sic]. [...]
Beuys, poète concentrationnaire, avec tes tables de cuivre, tes étincelles magiques, tes feutres pleins de cimetières, tes lits bordés par la peste ; avec tes amis de fraîche date, sud-américains, juifs, yankees...
Sommes-nous à la porte d’une nouvelle boucherie ? Je sens pourrir, au loin, la viande. Mais sommes-nous bien informés ? On ne sait pas grand chose ici sur ton art, pas plus qu’en France. Nos journalistes sont bizarres.
Traces de pliures. (M HKA, p. 103.)