En acajou et placage d'acajou, le plateau à motif de losanges, le plateau supérieur ceint d'une galerie ajourée à décor de postes soutenu par un fût de forme balustre, reposant sur quatre pieds en balustre à godrons réunis par une entretoise à entrelacs et terminés par des roulettes, estampillée sous la ceinture A WEISWEILER et poinçon de jurande JME ; petits manques au placage, renforts sous l'entretoise
H. : 107 cm (42 in.)
D. : 92 cm (36 ¼ in.)
Adam Weisweiler, reçu maître en 1778
Bibliographie comparative :
P. Arizzoli-Clémentel, "Le Mobilier de Versailles XVIIe et XVIIIe", Vol II, Editions Faton, Dijon, 2002, p. 127.
P. Lemonnier, "Weisweiler", 1983, p. 94.
A. Stella, "Demeures Historiques, Résidences d'Ambassadeurs à Paris", Flammarion, 2010, pp. 116-117.
A Louis XVI gilt-bronze and mahogany tea table, stamped by Adam Weisweiler
Cette remarquable table à thé, réalisée très probablement sous la direction du marchand-mercier Dominique Daguerre, est l'oeuvre de l'ébéniste Adam Weisweiler, dont elle porte l'estampille.
Plusieurs éléments caractéristiques de son style sont présents tel que le dessin de l'entretoise, que l'on retrouve également sur des tables rectangulaires, des cabinets. Combiné aux pieds en toupies, les entretoises mouvementées apportent un contraste à la rigueur des lignes, contribuant à l'élégance de la pièce.
Il convient ici de souligner l'influence du mobilier anglais sur la production de Weisweiler ; l'entretoise est en effet identique à celle dessinée en 1762 par Thomas Chippendale pour une table de petit-déjeuner (cfr. P. Lemonnier, "Weisweiler", 1983, p. 93.).
La veine d'acajou mise à l'honneur sur cette table, très soigneusement choisie, est l'une des essences favorites de Weisweiler. Le même plateau en placage d'acajou à décor de losanges se retrouve sur une table à thé attribuée à Weisweiller appartenant à la collection Dalva Brothers à New York et illustrée dans P. Lemonnier, "Weisweiler", 1983, p. 94.
Les tables de ce type étaient très à la mode chez les membres de l'aristocratie à la fin de l'"Ancien Régime" : une table comparable était signalée dans l'inventaire après le décès de la Duchesse de Polignac dressé en 1787 ;
d'autres sont mentionnées dans les collections de Madame Du Barry ou de la maréchale de Mirepoix.
Cependant le corpus des tables à thé de ce type parvenue jusqu'à nous et estampillée par Weisweiler est assez restreint. Rappelons :
Un exemplaire en placage de loupe de thuya légué en 1973 par la Duchesse de Windsor au Château de Versailles ; il est illustré dans P. Arizzoli-Clémentel, "Le Mobilier de Versailles XVIIe et XVIIIe", Vol II, Editions Faton, Dijon, 2002, p. 127.
Une autre table, dont le plateau est en marbre brèche d'Alep, est illustrée dans E. Schlumberger, "Le Pavillon de Musique de Madame", Connaissance des Arts n. 266, mars 1964, puis passée en vente à Paris, Pierre Berge & Associés, le 17 juin 2008, lot 94.
Signalons également la table conservée à l'Hôtel de Charost, actuelle résidence de l'ambassadeur de Grande Bretagne à Paris et illustrée dans J.N . Ronfort, "À l'ombre de Pauline, La Résidence de l'Ambassadeur de Grande Bretagne à Paris", Éditions du Centre de Recherches Historiques, Paris, 2001, p. 52 fig. 53 et dans A.Stella, "Demeures Historiques, Résidences d'Ambassadeurs à Paris", Flammarion, 2010, pp. 116-117.
Une dernière, en placage d'acajou, appartenait à l'ancienne collection Seligman, illustrée dans C. Frégnac, " Les styles français", Paris, 1975, p. 127.